La fnadac

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Frédéric Lafond, élu en 2015 à la présidence de la FNADAC pose les bases stratégiques du projet de la fédération dans le cadre d’une évolution générale de l’activité et de l’organisation de l’association.

Les enjeux de la FNADAC à l’aune des grandes mutations institutionnelles et sociétales

Au sein de tous les niveaux des collectivités territoriales, la FNADAC défend la légitimité des politiques publiques culturelles locale, nationale et européenne. C’est pour l’ensemble des associations rassemblées au sein de notre fédération être en capacité de partager avec le plus grand nombre nos inquiétudes, nos solutions, nos convictions et engagements à partir de l’expérience concrète de chacun.

  • La direction des affaires culturelles au sein des collectivités territoriales connaît de profondes mutations en lien avec l’émergence d’une nouvelle société à la fois plus globale, plus libéré du travail, connectée, pratiquant des formes de créativité nouvelle, mais aussi parfois replié sur elle-même et encore distant du fait culturel :
  • mutation des champs, des pratiques, des acteurs, des modes de production, de l’économie de la culture provoquant la rencontre des sphères artistiques, sociale, économique ;
  • mutation de gouvernance culturelle entre acteurs et publics qui recomposent les systèmes de représentation et de partage de la culture ;
  • mutation territoriale impliquant des nouvelles formes de coopération au sein et entre les collectivités.A ces changements, se lient les mutations de notre activité professionnelle par l’extension des champs de la culture, la transversalité des domaines d’action, la vision gestionnaire du projet culturel, l’exigence managériale et la délicate question de l’évaluation, la maîtrise des nouvelles technologies du numérique, des modes de diffusion et de production d’une culture du flux, la capacité d’intégrer les systèmes de croissance des industries culturelles et enfin les mutations des pratiques culturelles qui en découlent.

Nous avons décidé de nous doter de nouveaux moyens de communication pour rendre plus visible notre engagement mais aussi pour mieux partager nos idées.

Notre Fédération considère avant tout l’enjeu de l’existence d’un projet culturel dans chaque collectivité, au-delà de la simple organisation que nous souhaitons cependant la plus élaborée possible mais dont nous savons aussi qu’elle n’est pas partagée pour des raisons de moyens par tous les niveaux de collectivités. A l’image des associations des DAC, la FNADAC est la fédération de toutes celles et de tous ceux qui œuvrent pour le développement et la mise en œuvre des politiques culturelles au sein de tous les échelons des collectivités. C’est un signe d’ouverture prenant en compte une réalité. D’autre part, pour mieux identifier les termes de notre action, nous avons souhaité mettre en avant trois mots :

CULTURE – COOPERATION – TERRITOIRE

La culture projet de société

Nous vivons un temps qui doute sur le rôle de la culture dans la vie publique et remet en cause la légitimité de la dépense culturelle. Le report de l’effet crise sur la dépense culturelle entraîne l’annulation de plusieurs dizaine de festivals, la fermeture ou la réduction d’activités des lieux de diffusion, la baisse ou l’arrêt de subvention aux compagnies, la révision des programmes d’exposition dans les musées, la baisse des effectifs dans nos services, etc. Mais au-delà même des niveaux de financement il s’agit d’une remise en cause ici et là, souvent violente, du rôle symbolique de la culture comme fondement de nos principes démocratiques et de la liberté d’expression. Nous devons remettre au centre des débats la défense de la culture dans ce qu’elle a de plus profond : la liberté, les droits d’expression, le partage, la diversité, l’accès, l’émancipation et l’appropriation. Nous devons être capables de proposer un discours prospectif sur la culture qui rappelle les enjeux fondamentaux de l’altérité, de l’intérêt général. Nous portons la responsabilité partagée de faire société. Nous avons la responsabilité de partager notre capacité à faire culture ensemble. Là où il y a culture il y a démocratie. Là où la démocratie est remise en cause il n’y a pas culture. Là où la culture est négligée, il ne peut y avoir débat, échange, tolérance. Dans un temps d’incertitude nous devons faire en sorte que les décideurs, mais aussi les acteurs culturels se réinterrogent sur le sens des politiques culturelles. Un nouveau rapport de confiance doit être restauré, nous sommes le maillon
de cette confiance si nous portons une pensée inventive aussi bien sur le fond que sur la forme d’un service public de la culture. Responsables des affaires culturelles, là où nous agissons, nous le faisons contre l’arbitraire et la routine, pour la défense et la valorisation de l’altérité, des diversités, des métissages, des connexions. Pour ce faire, nous devons défendre les principes d’une éducation culturelle et artistique la plus large et la plus durable possible.

Inventer la coopération culturelle

Au grand couple historique « démocratisation et décentralisation » culturelle, il faut associer un autre paradigme aujourd’hui plus flou, moins stable, moins vertical, plus diverse, plus fragile, plus multidirectionnel, plus ouvert et systémique celui qui associe « coopération et territorialisation ». Nous avançons dans le temps de la concertation, de la co-construction, qui prend en compte la diversité des cultures, l’identité des territoires, la force créatrice des publics… : gouvernance associée éphémère ? Principes de participation de façade ? Expérimentation ascendante sans suite faute d’évaluation ou réelle chance d’une époque où chacun peut participer à la construction de notre commun ? Associé à la défense des droits culturels, sans verser dans un nouveau catéchisme culturel et en valorisant les nombreuses expériences déjà en cours, nous avons là un chemin à prendre avec professionnalisme et qui peut représenter une phase, exaltante, de la démocratie culturelle.

La réforme territoriale ne prévoit pas l’organisation obligatoire du débat entre les collectivités sur les questions culturelles. Aussi, nous devons réclamer et participer à la mise en place des lieux de la discussion et de la définition du projet culturel entre les collectivités de manière systématique. Nous devons mettre en avant une coopération tournée vers les habitants de nos territoires et les projets structurants et repenser la place de la culture, enjeu d’attractivité, en dehors d’une simple concurrence territoriale.

Coopérer c’est aussi confronter nos idées et partager la créativité des autres secteurs de la vie publique : la FNADAC doit rassembler une communauté de pensées et d’actions culturelles, appartenir à un vaste réseau de réflexion et d’action. La FNADAC doit poursuivre et développer un dialogue avec l’Etat notamment dans le cadre d’une orientation générale de la politique culturelle de notre pays, des décisions budgétaires porteuses de logiques de financements structurants, des projets législatifs et des outils de dialogues et de contractualisation entre l’Etat et les collectivités locales.

La FNADAC doit être attentive aux débats portés par les associations professionnelles sectorielles dans et en dehors de la fonction publique. Nous devons poursuivre et accroître nos relations avec les institutions de formation professionnelle. Nous devons aussi prendre part aux débats proposés par les associations d’élus territoriaux afin de retisser des rapports de confiance nous permettant ensemble de questionner avec pertinence les objectifs et les moyens conférés aux politiques culturelles. Nous sommes prêts à questionner l’héritage, le partage, les modes de transmission et création : nous sommes prêts à accompagner une refondation de la politique culturelle associant élus, acteurs du monde culturel, milieux divers de la création, de l’enseignement, de la recherche, de l’entreprise, de l’urbanisme… et les populations.

Faire le territoire culturel

Poser la question du territoire c’est se positionner sur les nouveaux rapports contractuels entre l’Etat et les collectivités dont il convient de saisir la stratégie et les conséquences sur la politique culturelle générale de l’Etat dont la modularité questionne l’équité, la continuité et la solidarité territoriale. Mais c’est surtout, comme nous l’avons fait lors de nos dernières assises nationales qui a réuni plus de 700 participants, l’impérieuse nécessité de faire prendre conscience de la part de la culture dans le développement des territoires, de faire repérer avec précisions la pertinence de la ransversalité des politiques culturelles au sein de l’ensemble des politiques publiques (éducation, sociale, tourisme, économie, urbanisme…).

Nous devons participer à la construction des politiques culturelles à l’échelle européenne en appréhendant mieux les programmes et principaux enjeux de la politique culturelle européenne, leurs impacts sur les territoires, la connaissance des expérimentations.

Notre métier doit résister à une double attraction. La première est celle de répondre à une injonction qui est faite à la culture de produire des biens directement valorisables, utilitaires, fonctionnels. La seconde est de rester dans une capacité stérile à se définir sur lui-même, pour lui-même, confisquant le projet culturel dans nos mains de techniciens. Les temps actuels nous entraînent vers ces deux écueils : un réalisme gestionnaire nourri par un contexte déculpabilisé sur l’absence de projet culturel, un idéalisme idéalisant revendiquant la défense de la culture séparée des tensions de notre société.

Rare fédération de professionnels rassemblant l’ensemble des niveaux des collectivités territoriales (Régions, Départements, Grandes et moyennes Villes de France, associations régionales de DAC…), nous sommes en capacité de mélanger nos idées et nos actions. Puisse notre site internet nous offrir un outil partagée de réflexion et une plateforme d’invention permanente qui nous permettra de nourrir les prochains débats de nos prochaines Assises Nationales qui se dérouleront à Strasbourg au cours du premier trimestre 2017.

Frédéric Lafond
Président de la FNADAC
Décembre 2015

Mis en orbite par iouston | Avec la complicité de Yann Cartaut

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